Deux ans après qu'elle soit partie que me reste-t-il ?
Des souvenirs, des regrets, des photos, quelques lettres...
Des rêves, que je fais de temps à autre, tellement réels que quand je me réveille, j'en pleure d'y avoir autant cru.
En fait, le plus difficile c'est que parfois je ne crois pas à tout ce qui s'est passé. J'ai l'impression que ce n'est qu'une mauvais cauchemar, que tout cela ne peut être vrai. J'ai envie de croire que je peux la retrouver, la croiser dans la rue.
Allez à Golfe-Juan, traverser cette ville me fait pleurer.
Il n'y a pas longtemps, mon grand-père est venu me voir chez moi, et on en est venus à parler de Mamy, parce que quand Papy sort, il croise parfois des gens qui lui parlent de l'accident. Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais je lui ai demandé comment cela s'était passé, comment il avait vécu cela. Je le regrette chaque jour. J'aurais tellement aimé ne pas connaître tous ces détails. J'aurais aimé ne pas avoir une idée aussi réelle de ce qu'il avait vu de ma grand-mère ce jour-là. J'aurais aimé ne pas avoir à imaginer son corps avant sa mise en bière.
Toutes ces choses que je devrais garder en moi jusqu'à ce que mon tour arrive.
J'aimerais tellement que tout cela ne soit jamais arrivé, j'aimerais l'avoir appelé ce jour-là, à ce moment-là, j'aurais aimé être avec elle...
Les souvenirs entraînent tout un tas de choses, des choses biens et de mauvaises choses.
Je sais qu'avec les années, tout cela se transforme en heureux souvenirs...bla bla bla...
Ce dont j'ai horreur, c'est lorsqu'on me dit cette phrase assassine, qui se veut peut-être réconfortante, mais qui fait tellement mal: "elle est mieux là où elle est". Oui peut-être, mais je n'ai pas envie de l'entendre ! J'ai espéré durant plus de trois semaines, son rétablissement, le jour où l'on aurait plus à guetter cette maudite sonnerie de téléphone qui pour une fois ne nous annoncerait pas une régression. Pendant tout ce temps, moi je n'ai jamais perdu courage, j'ai passé chaque seconde de chaque minute de chaque heure à y croire alors que tout le monde perdait espoir. J'ai créée ce blog pour transmettre cet espoir à ces proches, à ceux qui l'aimaient qui l'appréciait. J'ai reçu des messages d'encouragements, mais aussi de mauvais messages, au lycée on avait pitié, et au final, je n'attirais aucunement la sympathie.
Mamy me manque, terriblement, quand elle est partie, elle a pris une part de moi pour ne pas être seule.
Un deuil en 2 mois, je n'y crois pas...ni en un an, ni en deux ans... chacun a son rythme. Je ne suis pas forte, je ne suis pas courageuse. Je ne me complais pas dans cette saleté, je veux juste la retrouver et oublier.
J'admire tous ceux et celles qui trouvent la force de sourire, de faire des efforts. Je fais des efforts moi aussi, je me force à sourire, mais parfois c'est tellement douloureux, que je n'en peux plus, comme ce soir. Alors je prends mon cahier, et j'écris, je peux écrire mes pensées, comme là maintenant, ou je peux écrire une centaine de fois le même mot, la même phrase. Mais après ça va mieux.
Ça va déjà mieux.
En tout cas, ce qui est sourire, c'est que jamais je ne pourrais sympathiser avec cette sorcière !
Elle croit que comme Mamy n'est plus là, ça y est, elle peut s'incruster ainsi dans ma vie. Et bien non !
J'aimerais que Mamy me voit, qu'elle puisse me dire qu'elle est fière de moi.
Je suis sûre que là où elle est, elle doit pouvoir me voir...